

Et si nous décidions de reprendre notre vie en main et de lui redonner du sens ? Cette question est le fil conducteur de Valérie Beaufort dans son ouvrage Se libérer de la blessure de l’abandon, paru aux éditions En quête du bonheur. Pour cette spécialiste, le corps ne ment jamais. À travers un comportement, il transmet un message, pas toujours facile à identifier. "L’origine d’une dépendance à l’âge adulte appartient très souvent à un manque dans l’enfance", explique-t-elle.
Cette blessure tire son origine d’un événement traumatique majeur ou de sensations d’abandon répétées au cours de la vie. Conséquence : l’estime de soi et le lien aux autres sont profondément affectés. Il est important de rappeler qu’un adulte qui souffre de blessure d’abandon n’a pas forcément été abandonné dans l’enfance. "Nous pouvons ressentir ce sentiment lorsque nous vivons des émotions intenses à l’idée de perdre quelqu’un ou quand nous perdons l’attention d’une personne", précise Valérie Beaufort.
Selon cette spécialiste, nous vivons tous ce sentiment d’abandon. C’est la naissance. "À partir du moment où le bébé va sortir, il connaît une très grosse blessure en quittant la fusion totale avec la mère et il va devoir apprendre à cheminer toute sa vie", explique-t-elle dans son livre. L’enfant doit ensuite exercer un vrai travail de maturation pour devenir un adulte sain.
C’est lorsqu’il n’a pas été en mesure de remplir cette tâche qu'apparaît la blessure de l’abandon à l’âge adulte. "Lorsqu’elle est active, nous manquons d’estime de soi. Cela est lié au fait que nous ne nous sommes pas encore assez construits en tant qu’adultes", souligne Valérie Beaufort. "L’estime de soi est un sentiment d'égard envers soi-même qui se manifeste par une attitude pleine de considération", ajoute-t-elle.
Mais alors, s’il n’est pas possible de combler ce manque d’enfance à l’âge adulte, comment vivre avec sans séquelles ? Pour Valérie Beaufort, l’idée est de construire de nouveaux circuits neuronaux. "Chaque instant nous est proposé pour vivre de nouvelles expériences. C’est une grande clé. Je vais faire quelque chose que je fais tous les jours mais d’une nouvelle manière, par exemple", dit la psychopraticienne en psychothérapie et art-thérapeute. Il faut en quelque sorte choisir de reprendre sa vie en main en créant de nouvelles expériences positives.
"Même si nous avons été un enfant dont les besoins n’ont pas été comblés, l’adulte que nous sommes devenu n’a plus les mêmes besoins et peut donc tout à fait se libérer de ses émotions refoulées", affirme Valérie Beaufort dans son livre dont voici le lien.
Mais avant de pouvoir accepter ces émotions, encore faut-il pouvoir les reconnaître. Pour y parvenir, voici un diaporama des signes de la blessure d’abandon et les conseils de Valérie Beaufort.
Anxiété, attachement marqué par l‘insécurité

"Un adulte très dépendant aujourd’hui est, par définition, un adulte qui a encore beaucoup besoin des autres ou de l’autre. C’est une personne qui a forcément connu, en très grand nombre, des besoins non satisfaits et non comblés par le passé", explique la spécialiste.
Isolement (peur de s’attacher pour ne pas être abandonné(e) après)

"Dans la blessure d’abandon, nous avons eu comme message enfant : Je ne peux pas m’occuper de toi. Nous ressentons une immense solitude en ayant le sentiment que nous sommes seuls au monde. Cela peut être à cause d’un décès, d’un divorce, ou si la personne adulte responsable n’a pas pu combler nos besoins vitaux."
Relations courtes, houleuses et toxiques

"Une blessure psychique débouche, pour certains, sur des problématiques terribles de vie qui, dans les pires des cas, peuvent mener à une séparation, à des violences conjugales. C’est pourquoi il est vraiment très important d’en prendre conscience pour éviter l'irréparable et se mettre en quête de s’en libérer", exprime-t-elle.
Agressivité

La colère, l’agressivité et parfois même l’addiction sont également les expressions les plus extrêmes de ces personnalités qui choisissent d’oublier qu’elles souffrent.
Manque d’estime de soi

"Nous ne sommes jamais assez bien pour nous-mêmes, nous n’avons aucune estime de nous. Nous pensons aussi que l’autre est toujours mieux que nous, nous avons tout de suite l’impression de prendre trop de place, nous éprouvons une immense culpabilité, nous nous sentons très seuls, voire rejetés, nous avons peur, nous sommes angoissés, nous nous sentons impuissants, nous pensons devoir en faire toujours et encore plus", explique Valérie Beaufort dans son livre.
Comportements addictifs

Les addictions rejoignent la partie sur l'agressivité envers soi-même ou l’idée de combler ce manque par une substance.
Suractivité

Être en suractivité peut combler ce vide d’enfant non résolu.
Des conseils pour combler ce manque

Faire un travail sur soi avec un psychothérapeute est une étape importante pour se libérer de la blessure de l’abandon. Pour Valérie Beaufort, d’autres techniques peuvent être utiles, comme la respiration en pleine conscience pour calmer le mental, adoucir nos pensées, être à l’écoute de nos cinq sens et habiter pleinement son corps.
Interview avec Valérie Beaufort, psychopraticienne en psychothérapie et art-thérapeute
https://www.en-quete-du-bonheur-editions.com/le-livre/, 20 euros