Les traitements contre le cancer colorectalImage d'illustrationIstock
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Le cancer colorectal en quatre chiffres : 43 000 personnes touchées en France chaque année, 3ᵉ cancer le plus fréquent, 2ᵉ cause de décès par cancer et 40 % des décès dans les 5 ans suivant le diagnostic. Le choix du traitement dépend du stade de la maladie, de la localisation et de l'état général du patient. La chirurgie reste aujourd’hui le traitement le plus répandu, malgré ses répercussions sur la qualité de vie. Pour pallier cette problématique, les scientifiques sont à l'affût de nouvelles molécules. Et ils ont un allié de taille : l’intelligence artificielle (IA).

La chirurgie du cancer du colon

La chirurgie représente le principal traitement du cancer colorectal. L’intervention consiste à retirer la zone du côlon ou du rectum où se situe la tumeur, ainsi que les tissus environnants, afin d’éliminer toute cellule cancéreuse résiduelle. "Le chirurgien réalise l'ablation du rectum en préservant si possible le sphincter anal", précise dans un communiqué, le Pr Michel Ducreux, gastroentérologue et chef du comité gastro-digestif de l'Institut Gustave Roussy. C’est un acte technique minutieux qui doit répondre aux critères de la chirurgie mini-invasive.

Cancer des intestins

Mais selon la localisation et l'étendue des lésions, le chirurgien doit parfois faire des choix difficiles, comme la pose d’une poche de colostomie, un dispositif éprouvant pour les patients. Aujourd’hui, les chirurgiens misent sur la robotique pour préserver au mieux l’organe. "À ce jour, la littérature foisonne de publications concernant l’utilisation du robot dans le traitement chirurgical du cancer du rectum, avec plus de 2 000 études. Il existe de nombreuses publications, mais peu d’essais cliniques", constate le Pr Alain Valverde, chef du service de chirurgie digestive et viscérale de l'hôpital de la Croix Saint-Simon à Paris, spécialiste de la robotique chirurgicale.

Selon lui, l’intelligence artificielle est un atout majeur dans cette chirurgie. "Grâce à l’IA, la robotique évolue et intègre la réalité augmentée pour permettre de mieux visualiser la zone cancéreuse durant l’intervention", se réjouit-il lors d’une conférence de presse.

La chimiothérapie dans le cancer du colon

La deuxième approche thérapeutique du cancer colorectal repose sur la chimiothérapie. Elle consiste à administrer une ou plusieurs molécules destinées à détruire les cellules cancéreuses. Son indication est discutée collégialement entre les cancérologues et les chirurgiens. "Elle peut être prescrite à tous les stades de la maladie, sauf pour les cancers in situ, qui sont traités par chirurgie. Pour les tumeurs plus évoluées, elle est recommandée après l’intervention chirurgicale afin de réduire le risque de récidive : on parle de chimiothérapie adjuvante", indique la Fondation pour la recherche contre le cancer sur son site.

Quel type de chimio pour un cancer du côlon ?

Dans le cas d’un cancer métastasé du côlon ou du rectum, elle est systématiquement prescrite. "Les médicaments de chimiothérapie classique ou conventionnelle, dits cytotoxiques, agissent sur les mécanismes de division cellulaire", précise la fondation.

Ces dernières années, la recherche a fait un bond considérable avec l’arrivée de nouvelles molécules aux résultats très prometteurs. "Les principaux composants utilisés sont des médicaments mis sur le marché ces dix dernières années. Le traitement de référence reste le 5-fluorouracile (5FU), administré par voie intraveineuse. Il peut parfois être remplacé par la capécitabine, qui se prend sous forme de comprimés", explique le Pr Michel Ducreux dans un communiqué de l'Institut Gustave Roussy.

La thérapie ciblée des tumeurs du colon et du rectum

Les thérapies ciblées utilisent des molécules capables de bloquer un mécanisme spécifique de croissance ou de prolifération des cellules cancéreuses. Deux grands types sont utilisés dans le cadre du cancer du colon et du rectum :

  • Les anti-angiogéniques, qui bloquent la formation de nouveaux vaisseaux à l'intérieur et autour de la tumeur.
  • Les anti-récepteurs à l’Epidermal Growth Factor (EGF), qui empêchent la tumeur de proliférer.

"Les plus utilisés sont des médicaments qui, à l’image des anticorps produits par l’organisme pour tuer virus, bactéries ou cellules cancéreuses, sont conçus pour se fixer sur certaines protéines essentielles au développement de la tumeur", souligne la Fondation pour la recherche contre le cancer.

La radiothérapie

La radiothérapie n'est utilisée que dans les cancers du rectum. Elle a deux objectifs : réduire le volume de la tumeur avant la chirurgie et diminuer le risque de récidive locale.

"Pour les cancers du côlon, la radiothérapie n'est indiquée que dans le traitement de la maladie métastatique, à visée symptomatique, pour renforcer les traitements systémiques. Dans ces cas-là, on parle le plus souvent de radiothérapie en conditions stéréotaxiques. Cette technique permet de délivrer de fortes doses ciblées sur la tumeur tout en limitant l’irradiation des tissus sains environnants", explique l'Institut Curie sur son site.

L’immunothérapie

L’immunothérapie agit sur le système immunitaire pour l’aider à lutter contre le cancer. Dans ce cadre, elle stimule les cellules immunitaires impliquées dans la reconnaissance et la destruction des cellules tumorales.

À ce jour, ce traitement est réservé aux cancers colorectaux métastasés, ce qui représente environ 5 % des tumeurs. Mais, une fois encore, la recherche progresse rapidement.

Quel est le nouveau traitement pour le cancer colorectal métastatique ?

Le dernier progrès en date : la bi-immunothérapie, présentée au congrès mondial de cancérologie de l’ASCO. Depuis 2020, le pembrolizumab est le traitement standard des cancers métastasés, avec 42,7 % des patients dont la maladie n’a pas progressé après trois ans.

Un essai clinique de phase III, publié en 2025 dans une revue scientifique, a montré que l’association de deux molécules : l’ipilimumab et le nivolumab réduit de 79 % le risque de progression de la maladie ou de décès par rapport au traitement standard.

Cette combinaison pourrait devenir l’une des options thérapeutiques de référence et permettrait de réduire les risques de progression du cancer. "C’est une révolution thérapeutique. On peut préserver l’organe et diminuer la mortalité", se réjouit dans une conférence de presse, le Pr Thierry André, chef du service d’oncologie médicale de l’hôpital Saint-Antoine à Paris et coordinateur de l’étude de phase III.