
La lombalgie, plus communément appelée "mal de dos", est la maladie du siècle. Selon une étude publiée dans The Lancet, elle touche 619 millions de personnes à travers le monde. Rarement grave, ce trouble se traite avec de l’activité physique. L’Assurance Maladie en a d’ailleurs fait un slogan : "Mal de dos, le bon traitement, c’est le mouvement." Mais dans certains cas, ces douleurs peuvent être le résultat d’une maladie plus contraignante : la hernie discale. Certaines personnes vivent avec cette déformation du disque intervertébral toute leur vie. Pour les médecins, l'objectif principal d’un traitement dans ce cas-là est l’atténuation de la douleur.
La colonne vertébrale se compose de plusieurs vertèbres empilées les unes sur les autres. Comme la nature fait bien les choses, elle a créé des disques ou "coussins amortisseurs" pour, comme leur nom l’indique, absorber les chocs et amortir les mouvements de ces os. "Les disques sont composés de deux éléments : un noyau central gélatineux entouré d'un anneau fibreux qui attache les deux vertèbres l'une à l'autre", précise le site du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV).
Est-ce qu'on guérit d'une hernie discale ?
La déformation de ce disque vertébral, ou hernie discale, est responsable d’une douleur irradiante. "Lorsque le disque se déforme, il peut irriter le nerf sciatique, provoquant des douleurs dans le membre inférieur", explique le journaliste et médecin Martin Ducret sur France Info. Ces douleurs peuvent parfois s’accompagner de fourmillements ou d’engourdissements.
Un traitement ciblé sur l’inflammation
La douleur n’est pas le seul symptôme. Elle s’accompagne le plus souvent d’une inflammation, et c’est bien sur cette dernière que les médecins cherchent à agir. "Les médecins prescrivent des anti-inflammatoires et des corticoïdes pour réduire l’inflammation du disque et du nerf", souligne Martin Ducret.
Comment débloquer une hernie discale ?
En complément des médicaments, la kinésithérapie est instaurée. C’est un traitement essentiel pour améliorer l’état de santé du patient. Les professionnels de santé utilisent notamment la méthode McKenzie. Cette technique consiste à ramener les disques vertébraux à leur place par l'intermédiaire d’étirements lombaires répétés.
Si, au bout de quatre à six semaines, les douleurs liées à la hernie discale ne sont pas atténuées, le médecin peut envisager des injections de corticoïdes à proximité du nerf.
La marche, un rempart contre les douleurs dorsales et lombaires
Des chercheurs ont rapporté en juin 2023, dans la revue scientifique The Lancet, que la marche serait l'une des méthodes les plus simples et les moins coûteuses pour soulager les douleurs lombaires chroniques.
L’étude australienne a mis en évidence que les patients qui commençaient à se promener régulièrement étaient moins susceptibles d'avoir à nouveau mal dans les mois ou l'année qui suivaient. Pour ceux dont les douleurs réapparaissaient, la marche régulière semblait prolonger le nombre moyen de jours entre les épisodes douloureux.
Une étude australienne plus récente, publiée le 10 janvier dans JAMA Network Open, suggère quant à elle qu’un programme ciblant le mode de vie et pas uniquement l'activité physique peut aider les personnes souffrant de mal de dos. "Quand une personne souffre d’une lombalgie qui ne s’améliore pas, elle devrait s’attendre à recevoir des soins globaux portant sur toute une série de facteurs de santé, et pas seulement centrés sur ce qui se passe au niveau de sa colonne vertébrale", explique le Dr Chris William, chercheur et auteur de l'étude, dans un communiqué.
La chirurgie, solution de dernier recours
Dans le cas où la douleur est toujours présente malgré la kiné, les traitements et le mouvement, le médecin orthopédique peut envisager la chirurgie, si celle-ci est possible. "La chirurgie devient indispensable si la douleur reste invalidante ou en cas de paralysie de la jambe", précise Martin Ducret sur France Info.
Selon le CHUV, les traitements chirurgicaux visent à enlever le fragment de disque déplacé. Il ne s’agit donc pas de réparer le disque lésé, mais de décomprimer le nerf qui souffre au contact du disque et de supprimer l’inflammation.
"L’efficacité de la chirurgie et les risques de récidive varient en fonction du profil du patient. Un patient sans antécédent de douleurs lombaires aura généralement de meilleurs résultats qu’un patient ayant déjà souffert de lombalgie avant sa première crise", conclut le médecin et journaliste de France Info.