Vitamine D : un été très ensoleillé ne suffit pas à combler les carences selon une nouvelle étude !

Publié par Edouard Korvaul
le 16/09/2026
femme qui s'expose au soleil
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Photo d'illustration
Contrairement aux idées reçues, une exposition estivale prolongée au soleil ne garantit pas des réserves suffisantes en vitamine D chez les seniors et les personnes à la peau mate ou foncée. Une étude vient de le confirmer.
 

L'automne approche et de nombreux Français pensent aborder la saison froide avec des réserves optimales de vitamine D grâce au soleil des vacances. Une étude clinique publiée dans l'European Journal of Clinical Nutrition au mois de mai dernier vient pourtant contredire cette idée reçue. Les analyses démontrent que les déficits restent fréquents chez les personnes vulnérables, même après des mois de fort ensoleillement.

Le mythe des réserves estivales démenti par les analyses de sang

Des chercheurs ont évalué le statut biologique de 299 adultes dans le nord de la Grande-Bretagne entre décembre 2024 et août 2025. Les mesures par spectrométrie de masse révèlent une insuffisance (< 50 nmol/L) chez 54,8 % des personnes de 65 ans et plus vivant à domicile de manière autonome.

Résultat ? La belle saison ne change rien ! Chez les seniors, le taux d'insuffisance se maintient à 55,6 % en moyenne de juin à août, tandis que la proportion de carence stricte ne descend jamais sous les 25 %. Ces chiffres dépassent nettement les 20 % observés en population générale britannique au long de l'année, confirmant l'ampleur du déficit estival chez les aînés.

Pourquoi le soleil d'été ne suffit-il plus aux seniors ?

Ce phénomène s'explique d'abord par le vieillissement cutané. La concentration de l'épiderme en 7-déhydrocholestérol, précurseur activé par les ultraviolets B (UVB), diminue avec l'âge, ce qui réduit jusqu'à quatre fois la production de prévitamine D3 par rapport à un adulte jeune.

Les habitudes quotidiennes accentuent ce recul biologique. Les personnes âgées évitent fréquemment les heures de rayonnement intense, recherchent l'ombre et portent des vêtements plus couvrants. Ceci est d’autant plus vrai lors d’été particulièrement chaud comme celui que nous vivons cette année : la chaleur est tellement étouffante et le risque de déshydratation et de malaise tellement important qu’il est préférable de rester à l’intérieur, les volets fermés et/ou la climatisation en route. De surcroît, le foie et les reins perdent en efficacité pour transformer la molécule en sa forme active circulante, ce qui complique encore la situation.

Peaux mates et latitude nord, un double frein biologique

L'étude met en évidence une prévalence d'insuffisance de 72,1 % chez les adultes à peau mate ou foncée, sans amélioration mesurable entre l'hiver et l'été. En effet, la mélanine agit comme un filtre naturel en absorbant les photons UVB pour protéger l'ADN cellulaire, ce qui freine la production cutanée de la vitamine.

Ce filtre naturel exige un temps d'exposition trois à six fois supérieur pour générer une quantité équivalente de vitamine D. Au-dessus du 50e parallèle nord, l'inclinaison des rayons solaires atténue fortement l'intensité des UVB au sol. Comment savoir si on est concerné par cet aspect géographique ? Dès que votre ombre projetée dépasse votre taille réelle, les ultraviolets nécessaires ne traversent plus l'atmosphère en quantité suffisante.

Assiette et supplémentation, les solutions adaptées dès septembre

Avant la baisse d'ensoleillement de l'automne, une exposition de 15 à 20 minutes en milieu de journée, bras et visage découverts, reste utile tant que l'indice UV atteint le niveau 3. L'intégration de poissons gras comme le maquereau, la sardine ou le hareng apporte un soutien nutritionnel bienvenu, complété par les œufs et les produits laitiers enrichis.

Cependant, l'alimentation ne pourvoit qu'à 15 ou 20 % des besoins quotidiens, ce qui empêche de combler un manque installé par la seule assiette. Pour prévenir les risques de chutes et de fragilité osseuse, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (ANSES) rappelle l'utilité de consulter un médecin ou un pharmacien afin de programmer une supplémentation adaptée, souvent fixée entre 800 et 1 000 UI par jour pour les profils à risque.

Afficher les sources de cet article
  • Goddard A, Watson A, Tilbury R, Corfe BM, Fairley A. Circannual prevalence of vitamin D insufficiency in older and minoritized ethnic adults in Northern Britain: screening outcomes from a clinical trial. European Journal of Clinical Nutrition. 2026;80(9):855-858. doi:10.1038/s41430-026-01760-z.
  • Lin LY, Smeeth L, Langan S, Warren-Gash C. Distribution of vitamin D status in the UK: a cross-sectional analysis of UK Biobank. BMJ Open. 2021;11(2):e038503. doi:10.1136/bmjopen-2020-038503.
  • Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES). Vitamine D : pourquoi et comment assurer un apport suffisant ? Avis et rapports d'expertise de l'ANSES. Mis à jour le 11 mars 2022.
  • Giustina A, Bouillon R, Dawson-Hughes B, Ebeling PR, Lazaretti-Castro M, Marcocci C, et al. Vitamin D in the older population: a consensus statement. Endocrine. 2022;79(1):31-44. doi:10.1007/s12020-022-03208-3.
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