Mauvais cholestérol : comment savoir si on en a ?Istock
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Le cholestérol : un mal très incidieux

Le plus compliqué avec l 'hypercholestérolémie, c'est qu'elle est asymptomatique.

Il est en effet difficile de détecter un taux anormal en cholestérol sans prise de sang. On le diagnostique donc le plus souvent de façon fortuite, lors d’un examen biologique ou... déjà trop tard lorsque des problèmes cardiovasculaires surviennent (infarctus, crise cardiaque…).

Le " mauvais " cholestérol est caractérisé par la présence de protéines appelées lipoprotéines de faible densité (LDL). Elles doivent normalement amener le cholestérol au niveau des cellules des différents organes. Cependant, en cas d’excès, elles favorisent un dépôt sur les parois des artères, ce qui augmente les risques de maladies cardiovasculaires. On parle ainsi de mauvais cholestérol lorsqu'il est distribué en excès aux différents organes, et favorise un dépôt sur les parois des artères.

Le "bon" cholestérol (HDL - les lipoprotéines de haute densité) a pour rôle quant à lui d’empêcher la formation de plaques d’athérosclérose (accumulation de corps gras au niveau des artères). Ainsi, les HDL apportent le surplus de cholestérol accumulé dans les organes au foie afin qu’il puisse y être éliminé.

Il existe plusieurs types d’hypercholestérolémie et nul n'est hélas à l'abri. Il y a les types liés à l’hérédité (qui touche les personnes les plus jeunes), mais aussi ceux dus à l’alimentation, à une maladie particulière, ou encore à un traitement médicamenteux… Ce sont chez les personnes de plus de 50 ans et en surpoids, que l'hypercholestérolémie est la plus fréquente.

Faites une prise de sang tous les 5 ans

La prise de sang qui permet de détecter le "mauvais" cholestérol (LDL) doit être effectuée après 12 heures de jeûne. Afin de percevoir une anomalie, le bilan lipidique doit comprendre les concentrations de cholestérol total, les triglycérides et le "bon" cholestérol (HDL - lipoprotéines de haute densité).

Un bilan normal, chez un patient sans facteurs de risques correspond à : LDL-cholestérol < 1,60 g/l (4,1 mmol/l), triglycérides < 1,50 g/l (1,7 mmol/l) et HDL-cholestérol > 0,40 g/l (1 mmol/l).

D’après l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS), "Il n’est pas justifié de répéter le bilan, sauf en cas d’apparition d’un facteur de risque cardiovasculaire". L'agence ajoute qu’"en l’absence d’un changement des habitudes alimentaires ou d’une intervention médicamenteuse spécifique, d’un événement cardiovasculaire ou d’une augmentation du poids, la répétition d’un bilan lipidique plus d’une fois tous les 5 ans n’est pas justifiée"

Faites une prise de sang tous les 5 ans© Istock

L'hérédité, les médicaments, le diabète…

Au cœur du cholestérol mené par les laboratoires Sanofi-Aventis, l’Alliance du cœur et L'association nationale des hypercholestérolémies familiales (ANHET) ont lancé en 2016 une campagne de sensibilisation du "mauvais" cholestérol. Leur action a principalement souhaité faire connaitre à la population les différents facteurs de risques pour apprendre à confondre la maladie. Ils sont au nombre de trois :

  • D'abord : le terrain génétique favorable. Quelques mutations ont été identifiées comme ayant un impact sur l’élimination du cholestérol. Mais plutôt que d'un seul gène spécifique les scientifiques préfèrent parler d'un environnement génétique qui nous rendrait plus ou moins vulnérables, on parle alors d’"hypercholestérolémie polygénique".
  • Ensuite : certaines maladies peuvent aussi favoriser la production de "mauvais" cholestérol, comme des maladies des reins, du foie, de la thyroïde, ou encore, le diabète.
  • Enfin : les effets secondaires de certains médicaments, comme la pilule (contraceptif oral) ou la cortisone favoriseraient la survenue du mauvais cholestérol.

À noter : une anomalie du taux de "mauvais" cholestérol est souvent découverte lors de contrôle de routine liée à la prise de ces médicaments, par exemple par le gynécologue lors de la mise en place d'un traitement contraceptif...

Cholestérol : des conséquences gravissimes

Un excès de "mauvais" cholestérol est dangereux à long terme et peut avoir des conséquences irréversibles car fatales. L’accumulation de ce cholestérol abîme significativement les artères et augmente les risques de formation de caillots à leur niveau. Les accidents cardio-vasculaires sont donc très fréquent en cas de taux élevé.

La Fédération Française de cardiologie insite : l’athérosclérose, "première maladie cardiovasculaire du Monde, est la conséquence de l’hypercholestérolémie. Cette pathologie se caractérise par une augmentation et un épaississement progressif de la paroi artérielle. Les artères se bouchent alors petit à petit ne laissant plus de place au passage du sang et l’apport d’oxygène nécessaire vers les organes. "Il en résulte des douleurs d’ angine de poitrine si une artère coronaire est touchée", précise le Fédération.

Trois complications sont également à prendre en compte en cas de fissure des artères touchées (appelée thrombus) :

  • Un infarctus du myocarde si ce dernier est localisé dans une artère coronaire.
  • Un accident vasculaire cérébral (AVC) si il se trouve dans une artère carotide.
  • Une ischémie aiguë des membres inférieurs si l’obstruction a lieu dans une artère irriguant les membres inférieurs.

D’après l’Inserm, 80% des cas de morts subites sont provoquées par la rupture d’une plaque de graisse.

Cette pathologie silencieuse est grave et il est alors nécessaire de la prévenir en agissant sur plusieurs facteurs de risques notamment "l’excès de cholestérol, l’hypertension artérielle, le tabagisme et l’obésité", conclue la Fédération.

Sources

Athérosclérose, Une évolution lente, mais parfois dramatique, Inserm

L'excès de mauvais cholestérol, un facteur de risque cardiovasculaire, Au coeur du cholestérol

Fédération française de cardiologie

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